Hier je vous parlais des actes interdits et actes blâmables pendant le ramadan. Or, il ne suffit pas de connaître cela, et nous allons de ce pas y remédier.
Dans cet article nous parlerons des conséquences de tout dépassement, c'est-à-dire les expiations et les réparations (communément appelées aussi rattrapages).

Avant même d’aborder les dépassements nécessitant une expiation et ceux nécessitant une réparation, il va sans dire que connaître la différence entre les deux est indispensable.

Différence entre expiation et réparation :

S’il y a bien un critère qui fait toute la différence, c’est la volonté. Je vous embrouille au lieu de vous expliquer ? Vous allez bientôt tout comprendre, ne vous inquiétez pas.

Il existe deux cas de figure.

  • Si le dépassement a été involontaire, cela ne demande qu’une réparation et la personne ayant fauté n’est point blâmée et n’écope pas de mauvaises actions.

  • Si, au contraire, le dépassement a été volontaire, cela change la donne : non seulement cela nécessite une expiation, mais la personne ayant commis le dépassement se voit attribuer des mauvaises actions en plus, et ce jusqu’à son repentir sincère et son expiation.

 

Quels sont les jours de jeûne qui doivent être rattrapés ?

 

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3 exemples de dépassements involontaires

Voici 3 exemples pour illustrer le cas du dépassement involontaire.

      • Il arrive parfois que nous nous levions pour le S’hour (petit déjeuner avant l'aube) et sans faire attention buvons ou mangeons pour ensuite nous rendre compte que le soleil est déjà levé ou que nous n’avions tout simplement pas entendu l’appel à la prière. Nul besoin de paniquer ; Allah est grand et miséricordieux. L’oubli est pardonnable. Vous devrez tout simplement continuer la journée comme si de rien n’était (et donc jeûner normalement) puis, une fois le mois de Ramadan fini, vous devrez jeûner une journée en réparation.
      • Si, par erreur, vous avaliez un peu d’eau lors des ablutions, rassurez-vous, c’est une réparation qui s’impose et non point une expiation… Je sais, je sais, rien que de penser aux expiations donne des sueurs froides aux plus courageux !
      • Si, étant quelque peu malade, vous vomissiez, n’allez pas assumer tout de suite que vous devrez jeûner un jour en compensation. Certes, aussi longtemps que le vomissement n’a pas été volontaire, il n’y aura point d’expiation, mais cela ne signifie pas qu’obligatoirement vous devrez réparer votre faute. Le fait est que si vous avez vomi involontairement et que rien n’a été refoulé/ravalé par mégarde, votre journée est considérée comme étant correcte et acceptable ; en revanche, si une partie l’a été, aussi infime fût-elle, vous devrez en effet jeûner en réparation de votre jour perdu.

Les réparations susmentionnées concernent des fautes commises de manière involontaire, celles qui suivent sont plutôt relatives à une permission.

4 cas particuliers où vous devez couper votre jeûne

      • Une personne se sentant exceptionnellement malade lors du mois de Ramadan, et sentant qu’elle ne pourra pas tenir jusqu’au coucher du soleil, a le droit de rompre le jeûne. Il devient même fortement recommandé (si ce n’est obligatoire) de rompre le jeûne si ne point le faire équivalait à un malaise.
      • En revanche, une personne atteinte d’une maladie chronique telle que le diabète et ne pouvant, selon son médecin traitant, faire le jeûne est aussi autorisée à ne pas jeûner. Même que jeûner lui devient alors interdit, car il est interdit de mettre sa vie en péril. Dans ce cas, la réparation diffère et ne requiert pas de jeûner, mais seulement de sortir l’aumône (l’équivalent d’un repas pour chaque jour non jeûné) parce que peu importe le temps accordé à la personne, elle ne sera pas en mesure de faire le jeûne.
      • Les femmes sont aussi concernées par les réparations puisqu’elles sont excusées de leur devoir en tant que musulmanes, à savoir le jeûne et la prière, lorsqu’elles sont en période de menstruations. Il leur est donc permis de manger ; même que le fait de ne pas manger et de s’obstiner à observer le jeûne est considéré alors comme un acte blâmable. Elles devront par la suite jeûner en réparation ; cela dit, elles ne sont pas tenues de s’acquitter des prières perdues. Les femmes enceintes ou donnant le sein à leurs enfants sont autorisées à rompre le jeûne si la tâche s’avère être dure.
      • Il est également permis à ceux qui entreprennent un voyage de rompre le jeûne si ledit voyage est non seulement d’une distance dépassant les 80 km, mais aussi fatigant.

 

Sachez qu’en ce qui concerne les réparations, vous avez toute l’année, jusqu’au prochain Ramadan, pour vous en occuper. Si pour une raison valable vous n’y parvenez pas, vous pourrez toujours le faire l’année d’après, mais vous devrez alors faire l’aumône aussi (l’équivalent d’un repas de pauvre pour chaque jour dû).

Quelles sont les expiations ?

 

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L’expiation comme nous l’avons déjà dit est ce que l’on obtient pour tout dépassement volontaire. Savoir qu’il ne vous est pas permis de boire, de manger, d'avoir des relations sexuelles, mais le faire quand même, cela relève de l’audace et nécessite une « punition »…

Dans la mesure où pour chaque jour non jeûné, on doit en jeûner 60 d’affilée ou nourrir 60 pauvres, on est porté à croire que c’est une punition alors que ce n’en est pas réellement une. Certes, cela vous apprendra à ne point faire le sot une seconde fois, mais il faut savoir que cette expiation vous délivre de votre mauvaise action. Vous ne me suivez pas ? Je m’explique. Jeûner 60 jours d’affilée pour avoir volontairement mangé fait qu’il ne vous en sera pas tenu rigueur le jour du jugement dernier. Mieux vaut être puni sur terre plutôt que dans géhenne (l'enfer), vous ne croyez pas ?

Voilà, j’espère que cet article vous aura servi à bien faire la différence entre réparation et expiation. Si vous avez le moindre doute, je vous invite à poser vos questions dans les commentaires ci-dessous.

À demain inchallah !

Crédit photo : mzacha, hisks

 

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