Faut-il feter la naissance du prophete Mohammed ?

Est-ce quelque chose de licite ou de réprouvé ? Que disent les savants sur ce sujet ? Quelles sont les origines de cette commémoration ?

C’est ce que vous allez savoir tout de suite grâce à cette interview très intéressante !

La vidéo : Faut-il fêter le Mawlid ?

 

Invité :

Cheikh Mohamed Hendaz

Diplômé d’Al Azhar / Enseignant (IMED)

 

Quelle est la différence entre commémorer la naissance du prophète (paix et bénédiction d’Allah sur lui) et fêter la naissance du messager de Dieu ?

Fêter la naissance du prophète est clairement blâmable puisqu’il s’agit d’une innovation. Par contre commémorer en enlevant tout le côté festif, ceci n’a rien d’innovant ou de blâmable dans l’islam

Il y a des versets dans le Coran qui invitent à se rappeler. Par exemple dans la Sourate Ibrahim. Ce sont des invitations à se remémorer des évènements historiques.

Fêté a été réprouvé par la majorité des savants. C’est particulièrement l’aspect festif et folklorique qui entoure cette commémoration qui est interdite. Danses folkloriques. Consommation d’alcool. Mixité.

On retrouve cette tendance chez le soufisme populaire.

 

Il y a une confusion en France entre le fait de commémorer et fêter le Mawlid. Comment limité cette commémoration pour ne pas tomber dans le blâmable ?

Ce qui est autorisé : Prières en commun à la mosquée, organiser des conférences, repas fraternel.

 

  • En Islam, il n’existe que 2 fêtes : Aid el kebir + Aid el adha institué dans le Coran et la Sunna

Rajouter une troisième fête : la nativité du prophète (paix et bénédiction d’Allah sur lui) serait une pure innovation.

  • Cette commémoration doit être une expression de la joie et de la reconnaissance envers Dieu vis-à-vis du prophète Mohammed (paix et bénédiction d’Allah sur lui). Sa venue mérite d’être remerciée, reconnue et appréciée.

 

On sait qu’il est conseillé de jeûner le lundi qui est le jour de la naissance du prophète (paix et bénédiction d’Allah sur lui).

La reconnaissance s’exprime par des rites et de la pratique rituelle dévotionnelle que l’on dédie à Allah exclusivement.

 

À l’époque du Prophète Mohammed (paix et bénédiction d’Allah sur lui) cette pratique de commémoration n’existait pas. À partir de quand cette idée est-elle née ?

Cela date du 4e siècle après l’Hégire, c’est à dire en 462. C’est le 4e calife de la Dynastie Fatimide (dynastie chiite) qui créa cette pratique.

Mais pas une seule seulement, mais six. Le Mawlid du Prophète Mohammed (paix et bénédiction d’Allah sur lui), celui de Ali, celui de Fatima, celui de Hassan, celui de Houssan, et le mawlid du propre calife en question.

Mais peu de temps après, cette pratique a été abolie et on a réinstauré le mawlid du prophète Mohamed seulement (paix et bénédiction d’Allah sur lui). Nous avons des descriptions assez complètes par des historiens.

 

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Alors ? On sort les beaux couverts ou pas ?

 

Comment cette idée est-elle passée sous le sunnisme ?

Les savants sunnites n’ont pas trouvé gênant d’emprunter cette tradition qui à la base viens de la communauté chiite, car ils ont vu à travers les textes de l’islam et le hadith qui dit que le prophète lui-même a fait allusion à sa naissance comme étant une chose non blâmable et appréciable.

D’ailleurs, c’est l’argument repris par ceux qui sont contre cette pratique.

 

Certains disent que, étant donné que les compagnons du prophète n’ont pas commémoré la naissance du prophète (paix et bénédiction d’Allah sur lui), il est blâmable de le faire. Sur le plan juridique est-ce viable ?

De manière générale c’est un argument qui peut être accepté.

Mais le fait de se renfermer dans ce principe là pourrait scléroser la pensée ce qui pourrait avoir de fâcheuses conséquences sur la créativité et la pensée juridique musulmane.

D’un autre point de vue, certains compagnons ont fait des choses que le prophète n’avait pas faites. Par exemple lorsque Omar a demandé à ce que le Coran soit réuni en un livre.

Les compagnons eux-mêmes n’ont pas toujours pris aux pieds de la lettre ce qu’avait fait le prophète.

Ce n’est pas parce qu’il ne l’a pas fait que c’est blâmable ou interdit.

 

On ressent comme une peur dans la communauté musulmane à ressembler au modèle chrétien. Comme une crainte de commémorer la naissance du prophète Mohammed (paix et bénédiction d’Allah sur lui) afin ne pas les ressembler.

Le message coranique est d’abord un message de confirmation des générations précédentes dans les familles religieuses qui l’ont précédé.

Le Coran dans plusieurs de ces versets vient rappeler que ceci n’est qu’une confirmation de ce qui a précédé.

Et l’islam ne s’inscrit pas dans une volonté ferme de démarcation si ce n’est dans des choses qu’il juge blâmables. La trinité chez les chrétiens par exemple. Mais en général, le Coran ne vient pas en portafaux. Il vient perpétuer le cycle des messages.

S’il y a une ressemblance sur un point, ça ne rend pas de facto la chose blâmable.

Exemple : le jour de jeûne pratiqué par les juifs pour commémorer le jour ou le prophète Moïse à sauver son peuple des griffes de Pharaon.

Conclusion

Et bien, je ne vous souhaite pas une bonne fête, mais une bonne commémoration inchallah !:)

Partagez vite cet article à vos amis pour qu’ils ne tombent pas dans l’erreur !

5 comments on “Faut-il feter la naissance du prophete Mohammed ?

  1. La célébration du mawlid est-elle une manière
    d’évoquer le souvenir du Prophète ?
    Nous répondons en disant que le musulman se souvient
    constamment du Messager . C’est le cas chaque fois que son
    nom est mentionné dans l’appel à la prière (adhan) et dans
    l’annonce de l’imminence du début de celle-ci (iqama) et dans les
    sermons. C’est encore le cas chaque fois que le musulman prononce
    les Deux Professions de foi à la suite des ablutions et dans le cadre
    des prières et chaque fois qu’il prie sur le Prophète dans ses
    prières ou après la mention de son nom.
    Ainsi le musulman ne cesse d’évoquer le souvenir du Prophète
    nuit et jour grâce à la mise en pratique de son enseignement. Il
    ne limite pas son action au jour du mawlid et ne s’attache pas à une
    innovation contraire à la sunna du Prophète puisqu’un tel
    comportement l’éloignerait et le mettrait à l’écart du Messager .
    Le Messager se passe volontiers de cette cérémonie
    innovée (dans la religion) et se contente de ce qu’Allah a institué
    pour le vénérer et témoigner de son respect. C’est à quoi le Très-
    Haut fait allusion quand Il dit : [trad. appr.] « Et exalté pour toi ta
    renommée ? » (Coran, 94:4). En effet, on mentionne son nom
    chaque fois que celui d’Allah est mentionné dans l’adhan, l’iqama
    ou le prêche. Ceci suffit pour le vénérer, témoigner de son amour,
    renouveler son souvenir et exhorter les gens à le suivre.

  2. Selem alikom,

    J’aimerais comprendre:

    Vous dites;
    « Fêté a été réprouvé par la majorité des savants. » Lesquels sont de quel avis ?

    « Il y a des versets dans le Coran qui invitent à se rappeler. Par exemple dans la Sourate Ibrahim. Ce sont des invitations à se remémorer des évènements historiques. » Lesquels versets au juste ?

    « Ce qui est autorisé : Prières en commun à la mosquée, organiser des conférences, repas fraternel. » Où sont les preuves? la prière, par exemple est une adoration. Or l’adoration est légiféré. Tout est interdit, sauf si on a la preuve du contraire. Par exemple, on se peut prier un e prière de 100 rakats. Car ceci n’est pas rapporté par une preuve du Coran ou de la Sunna (hadiths).

    « Rajouter une troisième fête : la nativité du prophète (paix et bénédiction d’Allah sur lui) serait une pure innovation. Cette commémoration doit être une expression de la joie et de la reconnaissance envers Dieu vis-à-vis du prophète Mohammed (paix et bénédiction d’Allah sur lui). » Vous vous contredisez! une commémoration est une fête ! (exemple: commémoration de la fête de la fédération du 14 juillet, etc…)

    « Les savants sunnites n’ont pas trouvé gênant d’emprunter cette tradition qui à la base viens de la communauté chiite, car ils ont vu à travers les textes de l’islam et le hadith qui dit que le prophète lui-même a fait allusion à sa naissance comme étant une chose non blâmable et appréciable » Quels sont les savants s’il vous plait ? Et quels textes de l’islam et hadith stipule ceci?

    « D’un autre point de vue, certains compagnons ont fait des choses que le prophète n’avait pas faites. Par exemple lorsque Omar a demandé à ce que le Coran soit réuni en un livre. »
    Le Prophète (salat’ali wa selem) nous a dit de nous attacher à sa Sunna et la Sunna des califes bien guidés. Il nous a pas dit de faire comme bon nous semble.

    Al-‘Irbâd Ibn Sâriyah rapporte : « Le Messager d’Allah (salallahu ‘alayhi wasalam) nous adressa un sermon éloquent qui fit trembler les cœurs et couler les larmes. Je dis : ô Messager d’Allah ! Cela ressemble à un sermon d’adieu, alors fais-nous des recommandations. Il dit : « Je vous recommande de craindre Allah, et d’écouter et obéir, même si c’est un esclave abyssin qui vous gouverne. Quiconque vivra parmi vous verra de nombreuses divergences, alors attachez-vous à ma Sunna et la Sunna des califes bien guidés, mordez-y avec vos molaires. Et prenez garde aux choses nouvelles [dans la religion] car toute innovation est un égarement. » [As-Sahîhah (937)]

    Conclusion: Vous ne donner aucune preuve de ce que vous affirmé.

    Allah dit (dans un sens approché) : « Aujourd’hui, J’ai parachevé pour vous votre religion, et
    accompli sur vous Mon bienfait. Et J’agrée l’Islam comme religion pour vous ». Sourate 5, Al-Mâidah, verset 3.

    II est établi comme authentique que le Prophète a dit : [trad.
    appr. (traduction approchée)]. « Quiconque commet un acte ne faisant
    pas partie de notre religion, cet acte sera rejeté » (Sahih Al-
    Bukhari). Dans un autre hadith, il a dit : « Observez impérativement
    mes préceptes (Sunna) et ceux des Califes droits et bien guidés
    qui viendront après moi. Cramponnez-vous-y et tenez-y fermement
    (litt. mordez-y avec les molaires). Prenez garde aux nouveautés, car
    TOUTE nouveauté (en religion) est une innovation et TOUTE innovation
    est un égarement. » Sunan Abu Dawud.

    (nota: C »est bien « TOUTE innovation », il n’y en pas de louable!)

    Les deux hadiths constituent une sévère mise en garde contre l’introduction, et la pratique des innovations. D’ailleurs Allah dit dans le Coran : [trad. appr.] « Et prenez ce que le Messager vous prescrit, et abstenez-vous de ce qu’il vous interdit. » Sourate 59, Al-Hashr, verset 7.

    II dit aussi : « Que ceux, donc, qui s’opposent à son commandement
    prennent garde qu’une épreuve ne les atteigne, ou que ne les atteigne
    un châtiment douloureux». Sourate 24, An-Nur, verset 63.

    Allah a dit aussi : « Aujourd’hui, J’ai parachevé pour vous votre religion, et
    accompli sur vous Mon bienfait. Et J’agrée l

    Les versets qui ont le même sens sont nombreux.
    Ainsi, fêter de tels anniversaires signifie qu’Allah n’a pas
    parachevé la religion de cette communauté, et que le Messager
    d’Allah n’a pas transmis à la communauté ce qu’elle aurait dû
    accomplir.

    Par la suite, des gens sont venus, introduisant dans la religion
    d’Allah ce qu’Allah n’a pas permis, prétendant que cela leur permet
    de s’approcher davantage de l’agrément d’Allah. Ils agissent ainsi
    malgré le fait que cela comporte une sérieuse menace et une
    opposition à Allah et son Messager , puisqu’Allah a parachevé
    la religion pour ses serviteurs, et a accompli son bienfait sur eux.
    Cet argument est appuyé par la parole de l’imam Malik ibn Anas
    qui a dit : «Celui qui innove une chose en islam et la voit bonne, alors
    il a prétendu que Muhammad a trahi le message.»

    Et pour finir vous dites;
    « Et bien, je ne vous souhaite pas une bonne FETE, mais une bonne COMMEMORATION inchallah !:) »

    Il ne soufi pas de remplacer le mot « fête » par « commémoration » pour que se ne soit plus une célébration!

    Je finirais par ceci inch’Allah:

    Allah, le Béni et Glorifié, dit (traduction rapprochée) :

    « Mais, ce sont ceux-là mêmes à qui il avait été apporté, qui se mirent à en disputer, après que les preuves leur furent venues, par esprit de rivalité » [sourate Al-Baqara :213]

    « Ceux auxquels le Livre a été apporté ne se sont disputés, par agressivité entre eux, qu’après avoir reçu la science » [sourate Al-'Imran :19]

    « Et ne soyez pas comme ceux qui se sont divisés et se sont mis à disputer, après que les preuves leur furent venues, et ceux-là auront un énorme châtiment » [sourate Al-'Imran :105]

    « Nous avons effectivement apporté aux Enfants d’Israël le Livre, la sagesse, la prophétie, et leur avons attribué de bonnes choses, et les préférâmes aux autres humains [leurs contemporains. Et Nous leur avons apporté des preuves évidentes de l’Ordre. Ils ne divergèrent qu’après que la science leur fut venue, par agressivité entre eux. Ton Seigneur décidera parmi eux, au Jour de la Résurrection, sur ce en quoi ils divergeaient. » [sourate Al-Jatiya :16-17]

    « Ô les croyants ! Obéissez à Allah, et obéissez au Messager et à ceux d’entre vous qui détiennent le commandement. Puis, si vous vous disputez en quoi que ce soit, renvoyez-là à Allah et au Messager, si vous croyez en Allah et au Jour dernier. Ce sera bien mieux et de meilleur interprétation (et aboutissement). » [sourate An-Nisa :59]

    • Salamou Alaikoum Sam,

      Tout d’abord merci pour ton long commentaire sur ce blog.
      Je constate que tu n’es pas d’accord avec le fait de commémorer le Mawlid. Je respecte ton choix et je t’invite à en faire de même, car j’ai l’impression que tes nombreuses questions sont loin d’être neutre. Ce blog est un espace d’échange ou chacun est libre de s’exprimer, mais dans le respect et la tolérance.

      Lorsque tu m’accuses en disant : « Vous ne donner aucune preuve de ce que vous affirmé. »
      Je te répondrais simplement que je n’ai fait qu’un résumé de l’interview du Cheikh Mohamed Hendaz. Je trouve ces paroles pleines de bon sens et je partage son opinion. Je regrette que tu n’aies lu que superficiellement cet article, car au fond nous sommes d’accord sur le fait qu’il ne faut pas fêter l’anniversaire du prophète.

      Quand je te rejoins en disant que fêter l’anniversaire du prophète est une innovation tu n’es pas d’accord, car pour toi « une commémoration est une fête ». Je t’invite simplement à relire la définition du mot commémorer. Rappeler le souvenir de quelqu’un ou d’un événement important. Pour moi une commémoration est plutôt un hommage, un rappel, et le rappel profite aux croyants.

      En outre, tu sembles avoir une vision plutôt pessimiste de l’islam quand tu déclares : « Tout est interdit, sauf si on a la preuve du contraire. » Si je peux me permettre je te corrigerai plutôt dans le sens que « Tout est licite sauf ce que Dieu a rendu illicite », car le nombre de choses interdites est infime comparé à celle qui sont autorisé.

      Si mes mots ont mal retranscrit le message du Cheikh Mohamed Hendaz dans cet interview, je le regrette sincèrement. Inchallah, avec mes éclaircissements tu verras qu’au final il y a plus de choses qui nous rassemblent que tu le pensais.

      PS : Je me suis permis de te tutoyer, mais n’y vois stp aucune mauvaise pensée.

      • wa3alikom selem,

        Effectivement mon frère tu ne donnes aucune preuve (versets du Coran ou ahadiths).

        Tu dis aussi « Je trouve ces paroles pleines de bon sens et je partage son opinion. ». Or, que nous attendons des preuves (versets du Coran ou ahadiths), non des opinions personnelles. L’Islam n’est pas des opinions personnelles mais, « Allah a Dit, Rasoul Allah a dit ».

        Tu dis encore:
        « Je t’invite simplement à relire la définition du mot commémorer. Rappeler le souvenir de quelqu’un ou d’un événement important. Pour moi une commémoration est plutôt un hommage, un rappel, et le rappel profite aux croyants. »

        Tu oublies de lire les synonymes de « commémoration » = célébrer, fêter, rappeler, retracer.
        Ajouté à la définition de « synonyme » = Se dit de termes que l’on peut substituer l’un à l’autre dans un énoncé sans changer le sens de celui-ci.
        Et aussi les synonymes de « fêter »= accueillir, arroser, célébrer, commémorer, festoyer, sanctifier.

        Résultat: Fêter = Commémorer

        Ensuite tu dis:
        « En outre, tu sembles avoir une vision plutôt pessimiste de l’islam quand tu déclares : « Tout est interdit, sauf si on a la preuve du contraire. » Si je peux me permettre je te corrigerai plutôt dans le sens que « Tout est licite sauf ce que Dieu a rendu illicite », car le nombre de choses interdites est infime comparé à celle qui sont autorisé.  »

        Ceci nécessite quelques précisions de ma part. Autant pour moi! Je n’ai pas été suffisamment explicite.

        Ce sujet est « Le Principe de la Permissivité »

        « Le principe quant aux actes d’adoration est celui de l’interdiction, sauf si la shari’a rapporte une prescription pour cela. Et le principe quant au comportement usuel est la permissivité, sauf quand la shari`a rapporte une interdiction pour cela. »( Al-aslu fil-`ibadat al-hadhru ilâ ma waradah `anish-shar`i tashri`ahu. Wal-aslu fil-`adat al-ibahah ila ma waradah `anish-shar`i tahrimahu).

        [Minhaj ul-Qasidin Mukhtasar fi Usoulil-Fiqh (p. 27) du sheikh `Abdur Rahman as-Sa`di]

        Le susdit principe est un principe important que l’Islam enseigne. Ainsi, en ce qui concerne les matières de 3adat (d’actes quotidiens), comme manger, boire et porter des vêtements, alors on permet tout à cet égard, sauf s’il y a une preuve claire et authentique limitant ou interdisant sa permissivité. Cependant, quand cela concerne les actes d’adoration (‘ibadat), alors c’est le cas contraire. Ici, rien ne peut être établi comme un acte d’adoration, sauf s’il y a un texte clair et authentique pour le permettre. Donc le principe de base pour les ‘adat est l’ibahah (la permissivité), tandis que le principe de base pour les ‘ibadat est le tahrîm (l’interdiction).

        Sheikh al-Islam Ibn Taymiyah (mort en.728H) – rahimahullah – a dit :

        « les paroles et actions des gens sont de deux sortes : ` ibadat (les actes d’adoration) par lesquels leur religion est établie et les `adat (les pratiques usuelles) qui sont requis dans la vie quotidienne. D’après les principes de la shari’a nous savons que les actes d’adoration sont ces actes qui ont été prescrits par Allah ou approuvés par Lui; rien ne doit être affirmé ici, excepté par la shari’ah. Cependant, en ce qui concerne les activités mondaines des gens, ils sont nécessaires pour la vie quotidienne. C’est là, le principe de liberté d’action; rien ne peut être limité à cet égard excepté ce qu’Allah – la Plus Parfait – a limité. Ceci est le cas parce que le commandement et l’interdiction sont tous deux dans les Mains d’Allah (Le commandement et l’interdiction Lui appartiennent). En ce qui concerne l’adoration, il doit y avoir un ordre venant de Lui concernant cela. Ainsi, quand cela requiert un ordre d’Allah pour établir quelque chose, comment pouvons-nous dire que quelque chose est limité sans Son ordre ? C’est pourquoi Ahmad ibn Hanbal (mort. 241H) et d’autres juristes qui basent leurs jugements sur les ahadith disent : Par rapport aux actes d’adoration, alors le principe est le tawqif (la limitation); c’est-à-dire rien ne peut être légiféré à cet égard excepté ce qu’Allah légifère. En faisant autrement on encoure le risque d’être inclus dans la signification du verset :

        « Ou bien auraient-ils des associés [à Allah] qui auraient établi pour eux des lois religieuses qu’Allah n’a jamais permises?  » [Sourate Achoura 42:21]

        Cependant, pour ce qui est du mode de vie, le principe ici est la liberté, parce que rien ne peut être limité à cet égard sauf ce qu’Allah a interdit. En faisant autrement nous sommes inclus dans la signification de Sa parole :

        « Que dites-vous de ce qu’Allah a fait descendre pour vous comme subsistance et dont vous avez alors fait des choses licites et des choses interdites? » [Sourate Younus 10:59]

        C’est un principe grand et avantageux, sur la base où nous pouvons dire que l’achat, la vente, le bail, l’octroi de cadeaux et d’autres matières identique sont des activités nécessaires pour les gens, comme manger, boire et porter des vêtements. Ainsi, si la shari’ah dit quelque chose à propos de ces faits quotidiens, cela est pour enseigner le bon comportement. En conséquence, il a interdit ce qui mène à la corruption; a rendu obligatoire ce qui est essentiel; a désapprouvé ce qui est superflu et a approuvé ce qui est avantageux. Tout ceci doit être fait après mûre réflexion de l’ampleur et des propriétés des divers types d’activités impliquées. Puisque c’est la position de la shari’a, les gens sont libres d’acheter, vendre et louer comme ils le souhaitent, de même qu’ils sont libres de manger et boire ce qu’ils aiment – tant que ce n’est pas illicite. Bien que certaines de ces choses puissent être désapprouvées, ils (les gens) sont toujours libres à cet égard, puisque la shari`a ne va pas jusqu’à la mesure de leurs interdiction – et ainsi le principe originel (de permissivité) demeure.  »

        [Al-Qawa ` idun-Nouraniyah Al-Fiqhiya (p.112-113)]

        Wa Allah o A3lem

  3. Encore une chose que j’allais oublier:

    Avant qu’un musulman n’aille de l’avant et n’accomplisse quelque action que ce soit, il est tenu d’acquérir des connaissances islamiques afin de connaître la voie qui le mènera au meilleur résultat, c’est-à-dire que ses actions soient acceptées par Allah (incha’Allah).

    Il est important de souligner que ce qui compte, ce n’est pas le nombre de bonnes actions ou d’actes d’adoration accomplis. En effet, une personne peut accomplir de nombreuses bonnes actions et n’en retirer que de la fatigue ici-bas et des souffrances dans l’au-delà. Le Messager d’Allah (sallallahu ‘alaihi wa sallam) a dit :

    « Il se pourrait que tout ce qu’un Sa’im (quelqu’un qui jeûne) retire de son Siyam (jeûne) soit de la faim, et il se pourrait que tout ce qu’un Qa’im (quelqu’un qui prie durant la nuit) retire de son Qiyam (prières nocturnes) soit le Sahar (le fait d’être resté debout tard dans la nuit) ! » (Rapporté par Ibn Majah).

    Ce qui compte vraiment, c’est plutôt de connaître et de mettre en pratique les conditions qui vont nous assurer qu’Allah accepte les bonnes actions et les divers actes d’adorations que l’on accomplit.

    Si l’on veut que nos bonnes actions soient acceptées par Allah, deux conditions essentielles doivent être réunies lorsqu’on les accomplit.

    1) lorsqu’un musulman fait une bonne action, il ne doit rechercher que la satisfaction d’Allah.

    2) cette bonne action doit être en parfaite conformité avec les lois qu’Allah a prescrites dans Son Livre et avec ce que Son Messager a ordonné dans sa sounnah.

    Chaque fois qu’une de ces deux conditions est absente d’une action ou d’un acte vertueux, cette bonne action ou cet acte ne sont ni bons ni acceptés, car Allah a dit, dans le Coran :

    « Quiconque, donc, espère rencontrer son Seigneur, qu’il fasse de bonnes actions et qu’il n’associe dans son adoration aucun autre à son Seigneur. » (18:110).

    Dans ce verset, Allah a décrété que pour être acceptées, les bonnes actions ou les actes d’adoration doivent être en conformité avec Sa religion, et que seule Sa satisfaction doit être recherchée dans l’accomplissement de ces actions ou de ces actes.

    Ibn Kathir, dans son tafsir (explication) du Coran, a dit : « Telles sont les deux conditions qui assurent l’acceptation de toute bonne action : elle doit être accomplie seulement pour l’amour d’Allah et doit être en conformité avec la Sounnah du Messager d’Allah. »

    Wa Allah o A3lem

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